L'estime de soi repose sur trois « ingrédients » : la confiance en soi, l'image de soi, l'amour de soi. Pour l'acquisition d'une estime de soi harmonieuse, un bon dosage de chacune de ces
trois composantes est indispensable.
L'amour de soi
C'est l'élément le plus important. S'estimer implique de s'évaluer; or s'aimer ne souffre aucune condition,
c'est-à-dire qu'on s'aime malgré ses défauts, ses limites, ses échecs, simplement parce que chacun d'entre nous est digne d'amour et de respect. Cet amour de soi inconditionnel ne dépend pas de
nos performances. Il implique que nous puissions résister à l'adversité et nous reconstruire après un échec. Il n'empêche ni la souffrance ni le doute en cas de difficultés, mais il protège du
désespoir.
L'amour de soi dépend surtout de "amour que notre famille nous a prodigué quand nous étions enfant et des
nourritures affectives. Les carences d'estime de soi qui prennent leur origine à ce niveau sont sans doute les plus difficiles à rattraper. S'aimer soi-même est bien le socle de l'estime de soi,
son constituant le plus profond et intime. Néanmoins, il n'est jamais facile de discerner chez une personne, au-delà de son masque social, le degré exact de l'amour qu'elle se porte.
L'image de soi
Le regard que l'on porte sur soi, cette évaluation, fondée ou non, que l'on fait de ses qualités et de ses défauts,
est le deuxième pilier de l'estime de soi. Il ne s'agit pas seulement de connaissance de soi; l'important n'est pas la réalité des choses mais la conviction que l'on a d'être porteur de qualités
ou de défauts, de potentialités ou de limitations.
La vision de soi positive est une force intérieure qui nous permet d'attendre notre heure malgré "adversité. Une
vision de soi limitée nous fera perdre du temps avant de trouver notre voie.
Ce regard que nous portons sur nous-même, nous le devons à notre environnement familial et notamment aux projets que
nos parents ont formés pour nous. Ces projets sont légitimes à la condition que la pression sur l'enfant ne soit pas trop forte et tienne compte de ses désirs et capacités. Une vision de soi
limitée poussera la personne à la dépendance vis-à-vis d'autrui: on peut établir des relations satisfaisantes avec les autres mais on se limite au rôle de suiveur, on ne passe que sur des voies
déjà explorées par d'autres, on a du mal à concevoir et à mener à bien des projets personnels.
La confiance en soi
C'est la troisième composante de l'estime de soi, avec laquelle, du reste, on la confond souvent. La confiance en
soi s'applique surtout à nos actes. Être confiant, c'est penser que l'on est capable d'agir de manière appropriée dans les situations importantes. La confiance en soi peut par conséquent sembler
moins importante que l'amour de soi ou l'estime de soi dont elle serait une conséquence. C'est en partie vrai, mais ce rôle nous semble fondamental dans la mesure où l'estime de soi a besoin d'un
acte pour se maintenir ou se développer: des petits succès au quotidien sont nécessaires à notre équilibre psychologique, tout comme la nourriture et l'oxygène le sont à notre équilibre
corporel.
La confiance en soi vient surtout du mode d'éducation qui nous a été prodigué, en famille et à l'école (les échecs
sont-ils présentés à un enfant comme une conséquence possible mais non catastrophique de ses actes ? Est-il récompensé pour avoir essayé autant que pour avoir réussi ? Comment lui
apprend-on à tirer les leçons de ses difficultés, au lieu d'en conclure qu'il vaudra mieux ne pas agir ?).
La confiance en soi se transmet par l'exemple comme par le discours. Ne pas redouter avec excès "inconnu ou
"adversité témoigne d'un bon niveau de confiance en soi. Une confiance en soi insuffisante ne représente pas un handicap insurmontable. Cependant, les personnes qui en souffrent sont souvent
victimes d'inhibition.
L'équilibre de l'estime de soi
Ces trois composantes de l'estime de soi entretiennent souvent des liens d'interdépendance: l'amour de soi (se
respecter quoi qu'il advienne, écouter ses besoins et ses aspirations) facilite obligatoirement une vision positive de soi (croire en ses capacités, se projeter dans l'avenir) qui, à son tour
influence positivement la confiance en soi (agir sans crainte excessive de l'échec et du jugement d'autrui).
Une estime de soi ou des estimes de soi? Certains chercheurs pensent que l'estime de soi est en fait
l'addition de plusieurs estimes de soi. On peut par exemple avoir une bonne estime de soi dans le domaine professionnel et une moins bonne dans le domaine sentimental. Le sentiment de valeur
personnelle peut alors varier considérablement selon les circonstances et les interlocuteurs.
Chez la plupart des personnes, un succès ou un échec dans un domaine donné aura des conséquences dans les autres.
Pour d'autres chercheurs, compartimenter J'estime de soi est impossible: difficile d'en avoir une bonne dans un domaine sans que cela ne bénéficie aux domaines voisins. Une estime de soi
déficiente peut nous rendre trop sévère avec nous-même, malgré nos réussites, et par là même s'avérer un obstacle important au bonheur.
En fait, ce n'est pas tant la connaissance de soi qui fait la différence que les convictions sur soi: plus l'estime
de soi sera élevée, plus on a le sentiment de bien se connaître et plus ce sentiment est contagieux... Plus on doute de soi et plus on a du mal à se prendre en main, c'est-à-dire que plus
l'estime de soi est basse et plus on a tendance à manquer de discernement et d'esprit critique.
Plus on s'estime, mieux on agit: on prend des décisions et l'on s'y tient. Et plus on se comporte ainsi
régulièrement, plus on s'estime...
Les personnes à basse estime de soi ont du mal à prendre des décisions : ils hésitent, ils peuvent même se
livrer à de la procrastination, remettant volontiers au lendemain ce qu’ils pourraient faire le jour même. Ces personnes rencontrent ce même genre de difficultés quand confrontées à une
alternative, il leur faut faire un choix. L’explication principale de cette difficulté à choisir vient de ce que ces personnes pensent qu’il existe à priori une bonne et une mauvaise solution
dans le dilemme qu’ils ont à affronter. Or, c’est souvent la manière dont nous allons nous engager qui fera a posteriori que le choix sera bon ou mauvais. Comme elle éprouve des difficultés à se
décider, la personne à basse estime de soi préfère le plus souvent se laisser influencer par son entourage. Mais pour atteindre ses objectifs, personnels, il vaut mieux avoir une bonne estime de
soi. En effet la persévérance n’est pas la caractéristiques des personnes à basse estime de soi, qui ont une nette propension à renoncer dès qu’elles rencontrent des difficultés ou qu’elles
entendent un avis contraire au leur.
Le niveau d’investissement personnel dans une décision compte beaucoup. Les personnes à haute estime de soi seront
certes les plus persévérants dans les choix qui sont vraiment les leurs, mais le seront moins dans les domaines où ils se sont peu investis.
Développement de l'estime de soi
Des modifications interviennent toute notre vie. Bien sûr, si vous avez une haute estime de vous-même, il y a peu de
risques que vous passiez dans la catégorie des personnes à basse estime de soi; mais l'inverse est aussi possible.
Il existe une corrélation entre l'augmentation de l'estime de soi et une amélioration des relations
interpersonnelles et du statut professionnel. Mais il est difficile de trouver la cause exacte d'un changement de ce genre. Évidemment, certaines occasions de la vie sont de nouveaux départs pour
l'estime de soi. Une rencontre sentimentale avec un partenaire qui vous donne confiance en vous par son amour, ses conseils; une rencontre amicale, l'insertion dans un groupe, l'accès à une
profession, l'accession à un statut social. Tout cela peut aider à la construction ou parachever la consolidation d'une estime de soi jusqu'alors un peu hésitante.
Si des changements sont possibles, faut-il pour autant faire quelque chose de particulier pour qu'ils se produisent?
Agir ou ne pas agir: l'estime de soi est un phénomène qui s'auto entretient. Une personne à haute estime de soi agit davantage, récoltant donc plus de succès, ce qui le valorise d'autant plus. En
cas d'échec, son estime de soi l'empêche de s'effondrer et ne le dissuade pas de tenter à nouveau sa chance. En revanche, une personne à basse estime de soi hésite longtemps avant de se lancer
dans l'action. Les succès qu'il récolte sont donc peu nombreux. Comme il doute de les avoir vraiment mérités et qu'il se demande s'il est capable de les reproduire, ils augmentent peu son estime
de soi. En cas d'échec, touché de plein fouet dans le regard qu'il porte sur lui-même, il est dissuadé de persévérer ou de tenter à nouveau sa chance.
La tendance naturelle de l'estime de soi est de rester à son niveau de départ, en dépit de petites oscillations
liées à la vie quotidienne. Cependant, elle peut se modifier considérablement lors d'événements majeurs ou en cas de décision personnelle de changer.
Les 9 clés de l’estime de soi
Nous vous proposons de faire porter vos efforts sur neuf clés de l'estime de soi dont chacune a son importance, mais
il est possible que toutes ne vous concernent pas. Toutefois, soyez attentif à l'équilibre entre toutes. Nous vous conseillons de ne choisir qu'un objectif et de vous y attaquer vigoureusement.
Changer une seule des pièces du problème provoquera des réactions en chaîne et vous apprendra une manière d'agir que vous reproduirez ensuite. Les neuf clés de l'estime de soi sont:
- le rapport à soi-même: se connaître, s'accepter, être honnête avec soi- même,
- le rapport à l'action: agir, faire taire la critique intérieure, accepter l'échec,
- le rapport aux autres: s'affirmer, être empathique, s'appuyer sur le soutien social.